Lors de notre dernière réunion au club, la conversation a inévitablement glissé vers l’édition 2026 de Rétromobile. Mes amis, enthousiastes, parlaient déjà d’organiser une sortie photo. Pour ma part, l’idée ne m’enchantait guère : voilà dix ans que je parcours inlassablement les allées de ce salon et j’avais imaginé faire de cette année une pause, une « année blanche », comme on dit.
Mais, à force d’insistance, ils ont fini par me convaincre.
Vendredi matin, nous avons donc pris la route pour Paris. Dans la voiture, la playlist diffusait une reprise de Cry to Me : B.B. King revisité par Marc Broussard. Sur ces notes familières, mon esprit vagabondait, replongeant dans mes souvenirs. Une décennie de salons défilait devant mes yeux : des Type E, des 300 SL, des 250 GT California châssis SW… et tant d’autres merveilles. Je me demandais ce que cette nouvelle édition pourrait bien m’offrir de plus.
À vrai dire, je n’ai pas été déçu. Une fois encore, le salon m’a surpris. Malgré l’espace réduit par les travaux et la foule compacte de ce vendredi, l’organisation restait impeccable et l’atmosphère unique. J’ai rencontré des passionnés, des gens chaleureux, heureux de raconter leurs restaurations. Leur talent force l’admiration ; à voir ce qu’ils parviennent à tirer d’un amas de ferraille, on comprend que la mécanique puisse devenir un art.
Les stands regorgeaient de pièces rares, parfois inédites — des radiateurs de Bugatti, des carburateurs de Bentley… un véritable trésor pour les amateurs. Quant à la foule, elle ressemblait à une multitude de grands enfants aux yeux brillants, happés par cette succession de joyaux. Deux de mes amis, qui découvraient le salon pour la première fois, n’en revenaient pas. Ils se demandaient comment ils avaient pu passer à côté d’un tel événement pendant tant d’années.
Si je devais formuler un bémol, ce serait la flambée des prix. Beaucoup de ces bolides semblent aujourd’hui réservés à une élite et l’on se demande pour combien de temps il restera des modèles abordables. Mais c’est une autre histoire. L’essentiel demeure : le rêve est toujours là, intact et vivant. Et c’est bien ce qui compte.




























































